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avec Margaux Corroy Royer
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Margaux Corroy Royer, kinésithérapeute et professeure de Pilates matwork, démonte les mythes autour de la méthode. Elle explique pourquoi le Pilates, correctement enseigné, est un outil de rééducation fonctionnelle et pas seulement une activité de bien-être. L'épisode couvre l'histoire du Pilates (Joseph Pilates et ses lits à ressorts), le transverse et le plancher pelvien, la respiration comme clé du gainage, et sa conviction rare : le Pilates est exigeant, mais il ne suffit pas seul.
Le Pilates est partout. Sur Instagram, dans les salles de sport, en cabinet, en studios dédiés. Mais peu de gens qui en parlent l'ont appris depuis les deux côtés de la table : comme kiné et comme praticienne.
Margaux Corroy Royer est kinésithérapeute et fondatrice de Flex with Margaux, un projet qui combine le Pilates matwork et l'expertise clinique. Dans cet épisode de SequoiaLab, elle démonte les mythes, précise les indications, et explique pourquoi le Pilates bien pratiqué est un outil clinique, pas seulement une activité de bien-être.
Margaux Corroy Royer est kinésithérapeute de formation, spécialisée dans le Pilates matwork. Elle a créé Flex with Margaux, un projet qui propose des cours de Pilates ancrés dans une approche kinésithérapeutique : mouvements précis, conscience corporelle, et adaptation aux profils cliniques des participants.
Son positionnement est rare : elle ne pratique pas le Pilates comme un sport de fitness et ne le propose pas non plus comme une thérapie à part entière. Elle en fait un outil intermédiaire, entre le travail en cabinet et la pratique sportive autonome.
Le Pilates, tel qu'il est souvent pratiqué dans les salles de fitness, est un pâle reflet de ce qu'il peut être entre les mains d'un professionnel qui comprend la biomécanique. Correctement enseigné et pratiqué, il est un outil de rééducation fonctionnelle, de prévention des lombalgies et d'amélioration de la coordination musculaire profonde. Mais pour cela, il faut sortir de l'idée que Pilates = gainage doux.
Margaux Corroy Royer explique dès le début de l'épisode ce qu'est le Pilates matwork et ce qu'il n'est pas. Matwork signifie travail au sol, sans appareil (contrairement au Pilates sur reformer ou cadillac). C'est une pratique accessible, sans équipement, mais qui exige une précision technique que les instructeurs peu formés ne transmettent pas toujours.
Les exercices de Pilates mobilisent la musculature profonde du tronc (transverse, multifides, plancher pelvien) dans des positions contrôlées qui demandent une coordination neuromusculaire fine. Ce n'est pas faire des abdos mous. C'est apprendre à activer des muscles qui, chez beaucoup de gens, ont une activation insuffisante ou désynchronisée.
Un point central de l'épisode : Margaux Corroy Royer explique la différence entre le gainage statique (planche, etc.) tel qu'il est souvent prescrit et le gainage dynamique que le Pilates développe. Le gainage statique crée de la résistance. Le gainage dynamique crée de la coordination : apprendre à maintenir la stabilité du tronc pendant un mouvement des membres.
Cette distinction est cliniquement importante. Un patient lombalgique a souvent une coordination insuffisante des muscles profonds pendant les tâches fonctionnelles (se pencher pour ramasser quelque chose, tourner en portant un objet), pas seulement une faiblesse en position statique. Le Pilates adresse précisément cet aspect.
Margaux Corroy Royer est claire sur les indications : le Pilates matwork est particulièrement efficace pour la prévention et la rééducation des lombalgies chroniques non spécifiques, la rééducation du plancher pelvien (en parallèle de la kiné spécialisée), et le maintien de la mobilité et de la coordination chez les sportifs et les personnes sédentaires.
Les limites : le Pilates ne remplace pas la kinésithérapie en phase aiguë, ne traite pas les pathologies structurelles (hernie discale avec radiculalgie, fracture), et ne développe pas la force maximale ni l'endurance cardiovasculaire. C'est un outil parmi d'autres, qui a sa place dans un continuum de soins.
Margaux Corroy Royer décrit Flex with Margaux comme une réponse à un vide qu'elle a identifié : des gens qui sortent de la kinésithérapie, qui vont mieux, mais qui n'ont pas de pont vers une pratique autonome et sécurisée. Le Pilates, correctement enseigné, peut être ce pont.
Le projet combine des cours en ligne et en présentiel, avec un ancrage dans la biomécanique clinique. Ce n'est pas une offre fitness : c'est une offre pour des gens qui veulent comprendre comment leur corps fonctionne et comment l'entretenir.
L'épisode aborde longuement les ponts entre les deux pratiques. Le kinésithérapeute peut recommander le Pilates dans les suites d'une rééducation, pour maintenir les acquis. Le praticien Pilates formé en kiné peut identifier des compensations ou des déficits qui méritent un retour en consultation. Les deux métiers se complètent quand ils sont bien articulés.
Margaux Corroy Royer décrit aussi comment son expertise clinique modifie sa façon d'enseigner le Pilates : elle adapte les exercices aux profils de ses participants, identifie les compensations, et ne propose jamais un exercice générique sans l'adapter à la personne en face d'elle.
Le Pilates est entré dans le champ de la kinésithérapie par la petite porte depuis les années 2000, mais son intégration reste inégale selon les praticiens et les structures. Les études sur le Pilates en rééducation lombaire montrent des effets positifs sur la réduction de la douleur et l'amélioration de la fonction à court et moyen terme (revue de Lim et al., 2011 ; Wells et al., 2014), avec des effets comparables à d'autres formes d'exercice thérapeutique.
La vraie valeur ajoutée du Pilates par rapport à d'autres formes d'exercice thérapeutique est la qualité de l'attention portée au mouvement : concentration, précision, contrôle. Ces qualités correspondent à ce que la littérature en neurosciences motrices appelle la pratique attentionnelle, et elles améliorent l'efficience de l'apprentissage moteur.
Pour le kinésithérapeute, cela signifie que recommander du Pilates est une décision clinique, pas un renvoi vers une activité de bien-être. Elle doit être associée à une prescription précise (objectifs, fréquence, niveau) et à un praticien dont la formation est vérifiée.
Non, mais il peut la compléter efficacement. En phase aiguë ou subaiguë, la kinésithérapie est indiquée pour l'évaluation clinique, la thérapie manuelle et la mise en place du programme thérapeutique. En phase chronique ou de maintien, le Pilates peut prendre le relais pour entretenir les acquis et prévenir les récidives. Les deux approches se complètent, elles ne se substituent pas.
Le reformer est un appareil qui utilise des ressorts pour créer une résistance ou une assistance selon les exercices. Il permet une grande variété de positions et de charges, et est souvent utilisé en rééducation post-opératoire ou pour des profils nécessitant une assistance au mouvement. Le matwork (au sol) est plus accessible, sans équipement, et suffisant pour la grande majorité des objectifs de prévention et d'entretien.
Les études recommandent 2 à 3 séances par semaine pour observer des effets sur la douleur et la fonction lombaire sur une période de 6 à 12 semaines. Une séance hebdomadaire peut suffire pour le maintien des acquis une fois le niveau établi.
Oui, avec des adaptations spécifiques. Le Pilates prénatal est une pratique reconnue pour maintenir le tonus de la sangle abdominale et du plancher pelvien pendant la grossesse, réduire les lombalgies gravidiques et préparer à l'accouchement. Un instructeur formé en périnatalité ou un kiné périnéologue est recommandé pour adapter les exercices à chaque trimestre.
Privilégier des instructeurs formés dans des écoles reconnues (BASI Pilates, Stott Pilates, Body Control Pilates, ou équivalents) avec un minimum de 200 à 500 heures de formation. La formation d'un kinésithérapeute est un plus significatif pour l'adaptation aux profils cliniques.
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