Déchirure du mollet : le coup de fouet du sportif de plus de 40 ans
Un démarrage au filet, une impression de caillou reçu dans le mollet, et tu te retournes pour voir qui t'a frappé. Personne. La déchirure du mollet, que les médecins appellent "tennis leg", touche surtout le sportif de plus de 40 ans qui joue au padel, au tennis ou au squash. Elle est fréquente, souvent bénigne, mais elle ressemble à deux problèmes qu'il ne faut pas rater : la rupture du tendon d'Achille et la phlébite.
Voici comment la reconnaître, quoi faire dans les 48 premières heures, quand consulter vite, et comment reprendre la raquette sans rechuter.
Comprendre le tennis leg
Où se situe la lésion
Le mollet regroupe deux muscles principaux : les gastrocnémiens (les jumeaux, en surface) et le soléaire (en profondeur). Ils se rejoignent pour former le tendon d'Achille.
Le tennis leg touche le plus souvent le gastrocnémien médial, c'est-à-dire la partie interne du mollet, à sa jonction avec le tendon plat qui le relie au soléaire. Delgado et collègues (2002) ont analysé par échographie 141 patients adressés pour un tennis leg. Une rupture du gastrocnémien médial était retrouvée dans deux tiers des cas (66,7 %). Chez 21 % d'entre eux, l'échographie montrait une collection de liquide entre gastrocnémien et soléaire, sans rupture visible. La rupture du muscle plantaire grêle, longtemps accusée, ne concernait que 2 patients.
Une revue d'imagerie récente (Godoy et collègues, 2026) confirme : le gastrocnémien médial à sa jonction distale est la cause la plus fréquente, bien avant le plantaire grêle.
Le mécanisme
Le gastrocnémien croise deux articulations : le genou et la cheville. Il est le plus tendu quand le genou est tendu et la cheville fléchie vers le haut. C'est exactement la position de départ d'une poussée explosive : jambe arrière tendue, talon bas, puis accélération brutale.
Le muscle doit alors passer en une fraction de seconde de l'étirement à la contraction maximale. Si la tension dépasse ce que le tissu encaisse, les fibres cèdent à la jonction avec le tendon, là où la structure est la plus sollicitée.
Pourquoi après 40 ans
Deux données convergent. Dans le football professionnel, Ekstrand et collègues (2011) ont observé que l'incidence des lésions musculaires augmente avec l'âge, mais seulement pour le mollet, pas pour les ischio-jambiers, les quadriceps ou les adducteurs. Et la revue de Green et Pizzari (2017) sur les facteurs de risque de lésion du mollet retient deux facteurs principaux : l'âge et un antécédent de lésion du mollet.
Les sports de raquette cumulent ce profil. Une revue systématique sur le padel (Dahmen et collègues, 2023) retrouve des pratiquants d'âge moyen compris entre 31 et 57 ans selon les études, avec surtout des blessures tendineuses et musculaires.
Au cabinet, je vois souvent ce même profil : sportif de plus de 40 ans, raquette le week-end, activité plus calme en semaine, blessé sur un démarrage ou une relance. La lésion arrive rarement au premier échange. Elle survient plutôt quand la fatigue s'installe ou après une période de reprise rapide.
Symptômes et drapeaux rouges
Les signes typiques
- Douleur brutale au milieu ou en haut du mollet, côté interne.
- Sensation de coup reçu, de claquement, ou de "coup de fouet".
- Difficulté immédiate à pousser sur la pointe du pied, marche en boitant, pied à plat.
- Point douloureux précis à la palpation, parfois un creux.
- Gonflement puis ecchymose qui descend vers la cheville dans les jours suivants.
La marche sur la pointe reste possible, même si elle est douloureuse et faible. Ce détail compte pour le diagnostic différentiel.
Rupture du tendon d'Achille : à ne pas manquer
La rupture d'Achille se produit dans le même contexte : même âge, mêmes sports, même geste explosif. Mais la douleur est située plus bas, au-dessus du talon. Beaucoup décrivent un coup de pied reçu derrière la cheville. La poussée sur la pointe du pied d'une seule jambe devient impossible ou très faible.
Le test de Thompson (ou calf squeeze test) consiste à presser le mollet, patient allongé sur le ventre, pied dans le vide. Normalement, le pied bouge vers le bas. En cas de rupture, il ne bouge pas. Dans l'étude de Maffulli (1998) sur 174 patients, ce test avait une sensibilité de 0,96 : il détecte la quasi-totalité des ruptures. Dans ce travail, au moins deux tests cliniques étaient positifs chez tous les patients avec rupture.
Si tu as un doute, consulte un médecin rapidement. La prise en charge d'une rupture d'Achille (chirurgie ou traitement orthopédique) se décide tôt, avec ton médecin. L'article sur la réathlétisation après rupture d'Achille détaille la suite.
Thrombose veineuse : le drapeau rouge silencieux
La thrombose veineuse profonde, ou phlébite, donne aussi un mollet douloureux et gonflé. Dans la série de Delgado (2002), près d'un patient sur dix adressé pour un tennis leg (14 sur 141) avait en réalité une thrombose isolée, sans lésion musculaire.
Signes qui doivent faire consulter un médecin sans attendre :
- Mollet gonflé, chaud, tendu, sans geste déclenchant clair.
- Douleur qui augmente au fil des jours au lieu de diminuer.
- Contexte à risque : immobilisation, plâtre, long trajet, chirurgie récente, antécédent de phlébite, traitement hormonal.
- Essoufflement ou douleur thoracique : urgence, appelle le 15.
Le diagnostic repose sur l'écho-doppler, prescrit par le médecin. Pas de massage ni d'étirement tant que la thrombose n'est pas écartée. L'immobilité favorise aussi la thrombose, raison de plus pour remarcher tôt dès que le diagnostic de déchirure du mollet est posé.
Autres pistes
Un kyste poplité rompu (kyste de Baker) peut aussi mimer le tennis leg, avec une douleur derrière le genou qui descend dans le mollet. Un mollet très tendu, très douloureux au repos, avec fourmillements, évoque un syndrome des loges : urgence chirurgicale.
Diagnostic
Le diagnostic d'une déchirure du mollet est d'abord clinique : circonstances, localisation de la douleur, palpation, capacité à monter sur la pointe, test de Thompson normal.
L'échographie est l'examen de première intention quand un doute persiste. Godoy et collègues (2026) rappellent qu'elle permet de voir la lésion des fibres, l'hématome entre les muscles, et surtout d'écarter les diagnostics qui lui ressemblent. L'IRM est réservée aux lésions profondes ou aux situations sportives à fort enjeu. Le choix de l'examen se fait avec ton médecin.
Un point mérite attention : la lésion n'est pas toujours là où on l'imagine. Chez les footballeurs australiens d'élite étudiés par Green et collègues (2020), le soléaire était touché bien plus souvent que les gastrocnémiens. Ces lésions du soléaire sont souvent moins spectaculaires, sans claquement franc, avec une gêne qui s'installe en courant. Dans cette cohorte, leur délai de retour tendait à être plus long, sans différence significative.
Les 48 premières heures
La consigne moderne n'est plus "repos, glace, et on verra". Le cadre PEACE and LOVE, proposé par Dubois et Esculier (2020), résume l'approche en deux temps.
Premiers jours (PEACE) :
- Protéger : limiter la marche douloureuse, béquilles si besoin, pour quelques jours seulement.
- Surélever la jambe quand tu es assis ou allongé.
- Éviter les anti-inflammatoires de façon systématique, car l'inflammation initiale participe à la réparation. Pour tout médicament, c'est à discuter avec ton médecin.
- Comprimer avec une bande ou un manchon pour limiter l'œdème.
- Comprendre ce qui se passe, sans catastrophisme.
Ensuite (LOVE) : remettre de la charge progressivement, garder le moral, relancer la circulation par une activité douce (vélo sans résistance), faire des exercices adaptés.
Pour la glace, l'article chaleur ou froid après une blessure fait le point sur ce que disent les études.
Commencer tôt semble payant. Bayer et collègues (2018) ont suivi 50 sportifs amateurs avec une lésion musculaire sévère de la cuisse ou du mollet. Un début de rééducation précoce était associé à un retour au sport plus rapide qu'un début retardé, pour une récupération de force et une cicatrisation comparables à 6 mois.
Reprise progressive : par étapes critériées
On passe à l'étape suivante quand les critères sont validés. Le calendrier donne un ordre de grandeur, jamais une date.
Étape 1 : remarcher normalement
Objectif : marche sans boiterie, déroulé du pied complet.
Contenu : marche selon la tolérance, contractions douces du mollet (pousser la pointe contre un mur ou une serviette), mobilité de cheville sans forcer, vélo sans résistance.
Critère de passage : marche normale et indolore, montée sur la pointe des deux pieds possible sans douleur vive.
Étape 2 : reconstruire la force
Objectif : récupérer la force du mollet, jambe tendue (gastrocnémiens) et genou fléchi (soléaire).
Contenu : montées sur pointes sur deux pieds, puis sur un pied, puis avec charge ; même travail genou fléchi ; descente lente en excentrique sur une marche. On progresse en répétitions, puis en charge, puis en vitesse.
Critère de passage : montées sur pointe sur un pied, répétées, sans douleur et avec un nombre proche du côté sain. Course lente possible sans boiterie.
Étape 3 : réintroduire l'élastique
Objectif : retrouver la capacité du mollet à absorber et restituer l'énergie.
Contenu : petits sauts sur place à deux pieds, corde à sauter, puis sauts sur un pied ; course en ligne droite de plus en plus rapide ; accélérations progressives.
Critère de passage : sauts sur un pied sans douleur ni appréhension, course soutenue sans symptôme le lendemain.
Étape 4 : retour au jeu
Objectif : reprendre les gestes du sport de raquette.
Contenu : déplacements latéraux, fentes, démarrages courts, freinages, puis échanges à intensité croissante et match.
Critère de passage : tous les gestes réalisés sans douleur ni boiterie, y compris fatigué, et confiance du joueur.
C'est le principe de la réathlétisation : redonner au muscle, pas à pas, ce que le terrain va lui demander.
Combien de temps ?
Les données viennent surtout du sport de haut niveau. Chez des footballeurs australiens d'élite, Gray et collègues (2025) ont décrit des médianes de 3 jours pour marcher sans douleur, 14 jours pour courir au-dessus de 90 % de la vitesse maximale, et 19 jours pour revenir au jeu, après une lésion du gastrocnémien. Ce sont de jeunes athlètes professionnels, encadrés au quotidien. Dans la même étude, un âge plus élevé et un changement récent de charge avant la blessure allongeaient la récupération.
Pour un joueur de 45 ans, compte donc volontiers plus. Green et collègues (2020) ont aussi montré que les lésions avec atteinte importante de l'aponévrose (la lame fibreuse du muscle) demandaient nettement plus de temps.
Exercices types : les comprendre
Ces exercices illustrent les étapes. Ils ne remplacent pas un bilan : le choix, la charge et le moment dépendent de ta lésion.
Montée sur pointes
Position de départ : debout, mains contre un mur, pieds à largeur de hanches.
Mouvement : monter sur la pointe des pieds, tenir une seconde, redescendre lentement.
Pourquoi : c'est la base du renforcement du mollet. Jambe tendue, elle cible surtout les gastrocnémiens. Genou fléchi, elle cible le soléaire. La progression passe de deux pieds à un pied, puis à la charge.
Erreur fréquente : rebondir en bas et monter vite. Le contrôle compte plus que la vitesse au début.
Descente excentrique sur marche
Position de départ : avant-pied sur le bord d'une marche, talons dans le vide.
Mouvement : monter sur deux pieds, puis redescendre lentement sur le pied blessé seul, talon sous le niveau de la marche.
Pourquoi : travail du mollet en allongement, qui prépare le muscle à la position où il s'est blessé.
Sauts à la corde
Mouvement : petits sauts sur l'avant-pied, genoux souples, rythme régulier.
Pourquoi : première étape de la pliométrie. Le mollet redevient un ressort avant de subir les démarrages du padel ou du tennis.
Prévention : préparer le mollet aux démarrages
Les facteurs sur lesquels tu peux agir
L'âge et un antécédent de déchirure du mollet ne se modifient pas. D'après Green et collègues (2020), ce sont aussi l'âge et l'antécédent de lésion du mollet qui augmentent le plus le risque de récidive sur deux saisons, et les données cliniques prédisent mieux ce risque que l'IRM.
Ce qui se travaille :
- La force du mollet, avec des montées sur pointes chargées toute l'année, pas seulement après une blessure.
- La pliométrie basse (corde à sauter, petits sauts) pour habituer le tendon et le muscle aux impulsions.
- L'échauffement spécifique : les démarrages brutaux à froid sont un scénario classique. L'article sur l'échauffement pour prévenir les blessures donne une trame.
- La progression de charge : augmenter le nombre de matchs par semaine d'un coup, reprendre après les vacances à plein régime, ou passer du tennis au padel sans transition expose davantage.
Le piège de la reprise précoce
Dans ma pratique de kinésithérapeute, la rechute vient rarement d'un mollet mal soigné au départ. Elle vient plutôt d'une reprise calée sur le match du week-end plutôt que sur les critères, ou de l'arrêt du renforcement dès que la douleur disparaît. Dans la cohorte de Gray (2025), plus d'une lésion du gastrocnémien sur six était une récidive, et la grande majorité survenait dans les 6 mois suivant la première blessure.
Pour une vision plus large des blessures du mollet et du tendon chez le coureur, l'article sur la tendinopathie d'Achille complète ce sujet. Et si tu joues au padel, l'article sur les blessures au padel fait le tour des zones exposées.
Ce que j'en retiens
- La déchirure du mollet de type tennis leg touche surtout le gastrocnémien médial, chez le sportif de plus de 40 ans, sur un démarrage explosif.
- Elle ressemble à deux urgences : la rupture du tendon d'Achille (douleur plus basse, test de Thompson anormal) et la thrombose veineuse (mollet gonflé et chaud sans geste net). Au moindre doute, consulte un médecin.
- Les 48 premières heures : protéger, surélever, comprimer, pas d'anti-inflammatoire systématique, puis remettre de la charge tôt.
- La reprise suit des critères : marche, force, sauts, gestes du sport. Après 40 ans, elle prend souvent plus de temps que les chiffres du sport professionnel.
Le meilleur traitement d'une déchirure du mollet reste de préparer ton mollet avant qu'il ne lâche : force, sauts, échauffement et progression.
FAQ
Comment savoir si j'ai une déchirure du mollet ou une rupture d'Achille ?
La déchirure du mollet fait mal au milieu ou en haut du mollet, côté interne. La rupture d'Achille fait mal plus bas, au-dessus du talon, souvent avec la sensation d'un coup de pied reçu. En cas de rupture, monter sur la pointe d'un seul pied devient impossible et le test de Thompson est anormal. Au moindre doute, un examen médical rapide s'impose.
Peut-on marcher avec une déchirure du mollet ?
Oui, en général, et c'est même conseillé dès que la douleur le permet. Les premiers jours, la marche peut être boiteuse et des béquilles aident parfois. Remarcher tôt entretient la circulation et oriente la cicatrisation. Si la marche reste impossible, ou si le mollet gonfle et chauffe sans amélioration, consulte un médecin pour écarter une rupture d'Achille ou une phlébite.
Faut-il faire une échographie pour un tennis leg ?
Pas toujours. Quand le tableau est typique et que la marche revient vite, l'examen clinique suffit souvent. L'échographie devient utile si le diagnostic hésite, si une rupture d'Achille ou une thrombose est possible, ou si la récupération traîne. C'est l'examen de première intention pour voir la lésion et l'hématome. La décision revient à ton médecin.
Quand reprendre le padel ou le tennis après un tennis leg ?
Quand tu marches sans douleur, que tu montes sur la pointe d'un pied plusieurs fois comme de l'autre côté, que tu sautes et accélères sans appréhension. Chez les sportifs d'élite, le retour au jeu prend quelques semaines. Chez l'amateur de plus de 40 ans, il faut souvent davantage. Mieux vaut reprendre par des échanges avant le match.
Pourquoi le mollet lâche-t-il plus souvent après 40 ans ?
Les études montrent que l'âge est l'un des principaux facteurs de risque de lésion du mollet, avec l'antécédent de blessure. Les raisons exactes restent discutées. En pratique, les sportifs de cet âge enchaînent souvent semaines calmes et matchs intenses, avec peu de travail de force et de sauts entre les deux. Préparer le mollet toute l'année réduit cet écart, et avec lui le risque de déchirure du mollet.
Références
- Bayer, M.L., et al. (2018). "Role of tissue perfusion, muscle strength recovery, and pain in rehabilitation after acute muscle strain injury: A randomized controlled trial comparing early and delayed rehabilitation." Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports, 28(12), 2579-2591.
- Dahmen, J., et al. (2023). "Incidence, prevalence and nature of injuries in padel: a systematic review." BMJ Open Sport and Exercise Medicine, 9(2), e001607.
- Delgado, G.J., et al. (2002). "Tennis leg: clinical US study of 141 patients and anatomic investigation of four cadavers with MR imaging and US." Radiology, 224(1), 112-119.
- Dubois, B., et al. (2020). "Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE." British Journal of Sports Medicine, 54(2), 72-73.
- Ekstrand, J., et al. (2011). "Epidemiology of muscle injuries in professional football (soccer).)" American Journal of Sports Medicine, 39(6), 1226-1232.
- Godoy, I.R.B., et al. (2026). "Imaging in the diagnosis and characterization of tennis leg." Skeletal Radiology, en ligne avant impression.
- Gray, C., et al. (2025). "Gastrocnemius Muscle Strain Injury Characteristics in Elite Male Australian Football Players: A 10-Year Longitudinal Cohort Study." Journal of Orthopaedic and Sports Physical Therapy, 55(10), 681-688.
- Green, B., et al. (2020). "Calf muscle strain injuries in elite Australian Football players: A descriptive epidemiological evaluation." Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports, 30(1), 174-184.
- Green, B., et al. (2020). "Return to Play and Recurrence After Calf Muscle Strain Injuries in Elite Australian Football Players." American Journal of Sports Medicine, 48(13), 3306-3315.
- Green, B., et al. (2017). "Calf muscle strain injuries in sport: a systematic review of risk factors for injury." British Journal of Sports Medicine, 51(16), 1189-1194.
- Maffulli, N. (1998). "The clinical diagnosis of subcutaneous tear of the Achilles tendon. A prospective study in 174 patients." American Journal of Sports Medicine, 26(2), 266-270.
Pierre Favrel, masseur-kinésithérapeute D.E. au Cabinet Sequoia, Vandœuvre-lès-Nancy.